Ça n’est pas tombé loin

Mardi 18 octobre 2022, le toit d’un bâtiment en préfabriqué abandonné depuis trop longtemps s’est effondré, et pas n’importe où : dans la cour de l’école maternelle Jules Ferry. Cela aurait pu être très grave, mais heureusement pour les enfants et les équipes éducatives, cela s’est passé alors que toutes et tous étaient en classe. Les classes limitrophes n’ont été évacuées que quelques jours, avant que les vacances d’automne commencent. Heureusement aussi pour la mairie, dont l’élu en charge de l’Éducation, M. Mellier, a balayé d’un revers de main qui en dit long – lors de la dernière séance du conseil municipal – nos interventions sur cet incident grave et révélateur, se félicitant de la célérité des services techniques qui ont précédé au démontage et au désamiantage. Cela fait beaucoup de « heureusement » ! Car oui, il y avait de l’amiante dans ce bâtiment pourri et abandonné depuis des années, et à côté duquel les enfants jouaient dans la cour. Mais désamianter et démonter, cela coûte cher ; alors les responsables de ce pourrissement choisissent de laisser traîner, en espérant que le ciel ne nous tombe pas sur la tête… Le résultat est là : il est tombé. Et les dépenses, dans l’urgence, ont dû être engagées.

Photos fournies par des parents d’élèves, déjà inquiets de la situation quelques jours avant l’inévitable effondrement.

Nous ne louerons donc pas la « célérité » de la mairie, dont les élus aux manettes laissent dépérir des infrastructures obsolètes et dangereuses dans des espaces qui accueillent des publics – et pas n’importe lesquels : des tout-petits. Aucune excuse ni remise en question de leur part sur la gestion délétère et dangereuse de nos infrastructures n’ont été esquissées ce soir-là et après. Circulez il n’y a rien à voir, on s’occupe de tout et surtout faites-nous confiance. On a eu de la chance, et c’est suffisant semble-t-il pour eux. Le défaut d’anticipation et le désintérêt vis-à-vis des conditions de vie collective dans les écoles sont patents. Et ça n’est pas près de changer, car des préfabriqués bourrés d’amiante, il y en a dans d’autres écoles, occupés ceux-ci.

Parce que c’est une question d’intérêt général, nous souhaitons que la Mairie, forte de cette expérience « heureuse », fera les vérifications nécessaires pour assurer la sécurité de nos enfants et de tous les habitant·es et usager·es des lieux et équipements publics de la ville.

Cécile Prim

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