Le groupe politique Horizons est un groupe qui bascule très clairement vers certains discours de la droite et de l’extrême-droite de l’échiquier politique. Après que le parti Horizons a voté aux côtés du Rassemblement Nationale la dénonciation des accords franco-algériens de 19681, Edouard Philippe, patron du groupe Horizons (le parti auquel M. le maire Kadir Mebarek appartient) a déclaré lors d’un interview LCI que la colonisation « n’était pas un crime ». C’est ce genre d’affirmation qui témoigne d’un positionnement idéologique empreint des discours d’extrême droite, ce alors que se profile la campagne présidentielle.
Il s’agit là d’une dérive de long terme : comme l’a révélé Mediapart3, le parti ferme également les yeux sur la proximité de certains maires avec l’extrême droite : le maire de Mantes-la-Jolie dirige ainsi l’école Politicaë, financée par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, pour former les élus et futurs élus d’extrême droite. Serait-ce l’exemple que l’on peut s’accommoder de quelques contradictions ?
A Melun, Kadir Mebarek incarne précisément cette contradiction. Élu sous l’étiquette Horizons, il se consacre à des enjeux locaux. Cependant, au-delà de sa gestion administrative de la ville, comment le maire de Melun peut-il justifier de faire partie d’un groupe politique dont le leader remet en question des principes moraux et historiques fondamentaux ? Comment concilier la représentation des Melunaises et Melunais, dans leur diversité, avec une adhésion à un mouvement dont les choix politiques normalisent les positions d’extrême droite ?
Le maire Kadir Mebarek ne finirait-il pas par renoncer à ses propres convictions – ou tout du moins, celles qu’il met en avant ?
Quand il ne voit le traitement des inégalités qu’en en traitant le résultat, c’est-à-dire en ne traitant que la délinquance qui en résulte par une politique toujours plus sécuritaire – et donc le financement via la police municipale et les caméras est un puits sans fond4 –, peut-on parler d’une réelle politique sociale ?
Quand il met en œuvre un arrêté municipal visant à interdire la mendicité5 dans les parties touristiques, reléguant la pauvreté à des lieux où elle n’est ni visible, ni secourable, peut-on parler de solidarité ?
Tout cela témoigne de choix politiques.
Le parti Horizons souhaite ainsi incarner une forme de renaissance du Macronisme, qui se découvre peu à peu en accord avec l’ensemble des postulats racistes et réactionnaires de l’extrême droite.
Aussi, rester dans le parti Horizons et s’accommoder de ces discours, c’est accepter que soit remis en question des principes historiques universels. C’est donner du crédit idéologique à un mouvement en totale dérive.
Que le maire fasse un choix clair pour l’ensemble de la population : en reconnaissant que le mouvement Horizons a changé, soit il en accepte pleinement le virage idéologique, soit il s’en affranchit.
L’équilibre rhétorique n’est plus possible, d’autant plus à Melun, ville riche d’histoire, et dont les questions d’identité et de valeur ne sauraient être séparées des promesses électorales. Ambition et entrisme méritent d’être interrogés sans détour !
Aussi, rappelons-le une bonne fois pour toute : le colonialisme est un crime contre l’humanité.
Eric Tortillon
5 https://www.ville-melun.fr/images/2025.1345-ANTI-MENDICITE.pdf


